Pourquoi il ne faut plus être intimidé par le yoga

Si vous êtes comme moi, il est probable que le yoga et les experts du yoga vous intimident. Vous connaissez le genre : corps parfait, tenues superbes (et chères), tapis de yoga immaculés et colorés, forme parfaite, etc. Avant de devenir écrivain et traducteur, j’étais instructeur de Spinning Reebok et bien que je croyais être en pleine forme, je ne pensais jamais être à la hauteur des normes presque hollywoodiennes des praticiens du yoga dans les nombreux gymnases où j’enseignais le Spinning. Ce n’est peut-être que de l’insécurité de ma part, mais je sentais que le yoga n’était pas pour moi; que c’était seulement pour le top de l’élite du conditionnement physique.

Je me trompais complètement! Mon équipe de traduction travaille avec BOKS depuis quelques années. Le projet a été très enrichissant. Ne vous méprenez pas. J’aime travailler sur tous mes autres projets, mais les projets qui contribuent à améliorer la condition humaine sont toujours les plus intéressants, car ils offrent toujours un facteur de satisfaction personnelle supplémentaire qui provient de la participation à un effort qui sert à améliorer les choses.

Les premiers textes de yoga que nous avons dû traduire étaient très courts. Ils faisaient partie de documents plus volumineux (comme les plans de cours). Ils nécessitaient malgré tout pas mal de recherches, car c’était du tout nouveau pour notre service de traduction. Nous avions déjà traduit de nombreux textes portant sur le conditionnement physique pour un certain nombre de clients (pour la plupart des gymnases et des fabricants d’équipement de gymnastique), mais c’était la première fois que nous traduisions de termes et de textes de yoga. (Par exemple, nous pouvions rechercher un terme pendant une heure, sans toujours trouver une version française définitive et universellement acceptée.) Nous avons parfois été pris de panique, car il y avait beaucoup de variations dans la façon dont les termes de yoga étaient traduits dans l’industrie du conditionnement physique (en France et au Québec). Nous pouvions parler à trois yogis différents et aboutir à trois versions différentes de la traduction « officielle ». Des efforts ont été faits pour uniformiser la terminologie, mais pour certaines des postures les plus compliquées ou les plus avancées, la seule référence autre que l’anglais que nous ayons pu trouver était le sanscrit. Nous avons ressenti une panique quasi totale lorsque nous avons reçu de longs documents entièrement consacrés au yoga.

Nous avons donc dû approfondir nos connaissances et faire preuve de créativité pour traduire certaines des routines les plus complexes. Et c’est là que ma collègue Fabienne Docquier, une traductrice chevronnée, a proposé la meilleure solution : en plus de faire des recherches sur le Web et dans les librairies et de faire appel à divers yogis, elle a commencé à effectuer les postures de yoga. Elle a par la suite pondu les meilleurs textes de yoga en français jusqu’à présent. Ils étaient plus descriptifs et faciles à lire et les directives s’enchaînaient bien, ce qui est préférable pour le yoga. Alors, j’ai commencé à faire les routines moi-même. Je me suis procuré un tapis et des blocs, et j’ai enfilé ma vieille tenue de Spinning Reebok. Je me suis installé sur le sol et j’ai découvert que j’aimais le yoga!

Bien entendu, les résultats plus importants étaient une meilleure compréhension non seulement des postures, mais aussi de la philosophie du yoga. En tant que traducteurs, nous aimons apprendre au sujet des choses sur lesquelles nous travaillons, surtout s’il s’agit d’un projet à long terme. Il est important de continuer d’apprendre pour améliorer la qualité de notre travail et notre compréhension du matériel source. J’étais encore trop intimidé par les pratiquants de yoga pour suivre des cours, cependant. J’ai donc commencé à suivre des cours en ligne. (Je dois admettre que j’ai presque cédé à l’envie d’assister à un cours de yoga donné dans un parc au bord du lac à Hudson [Québec]; le cadre idyllique à lui seul suffisait à me vendre l’idée.)

En suivant ce cours en ligne, l’une des premières choses que j’ai apprises est que la communauté du yoga s’éloigne de l’idée d’une posture « parfaite ». Pour citer Adriene Mishler, professeure de yoga (qui donne les cours de yoga que j’ai suivis sur YouTube), «concentrez-vous sur la sensation plutôt que sur forme. Nous changeons le rôle du yoga; si nous apprenons tous le yoga, nous ne devons pas copier les mouvements d’une autre personne. » C’est un bon conseil. Et BOKS donne aux gens la chance d’apprendre le yoga de cette manière non intimidante –pas seulement aux enfants qui participent aux séances, mais aussi aux enseignants, parents, bénévoles et toutes les personnes associées au programme qui n’ont pas encore découvert le yoga.

Depuis lors, je me concentre sur le bien-être lorsque je pratique le yoga. Mes premières tentatives étaient pour le moins gênantes. Mais il est important de voir ces photos d’experts du yoga à peu près de la même manière que les modèles de magazines de mode… c’est-à-dire comme des exemples idéalisés et « parfaits » à des fins de démonstration uniquement. Il ne s’agit pas de vous pousser à la perfection. Il s’agit vraiment de vous améliorer.

Le yoga doit être considéré comme une pratique de mise en forme non compétitive. Ce n’est pas à propos des vêtements; il ne s’agit pas de l’équipement et de la tenue; il n’est pas question de corps parfaits ni de postures parfaites, car je n’ai pas tenté d’atteindre ces objectifs. Voici ce que j’ai atteint en faisant du yoga :

  • plus de maux de dos;
  • plus de douleur au genou;
  • une flexibilité considérablement améliorée;
  • une amélioration de la force physique;
  • une amélioration de la concentration;
  • une amélioration de la posture au travail, ce qui est très utile lorsque je dois passer 10 heures à mon bureau pour respecter un délai de traduction BOKS 🙂 et
  • j’ai découvert la présence attentive. Je pense que personne ne devrait vivre sans ce sentiment de paix et de pleine conscience.

Je ne parviens toujours pas à effectuer un « chien tête en bas » parfait, mais je m’en fous, car ce n’est plus ce que je vise –et, chose plus importante, atteindre la forme parfaite ne m’intimide plus.

J’ai aussi commencé à faire du yoga « flow », ce qui m’a totalement surpris, car je n’aurais jamais pensé en être capable. J’aime passer d’une posture à l’autre, notamment de la posture du chat/vache à la posture de l’enfant; puis vers le chien tête en bas. J’aime aussi beaucoup passer du guerrier 1 au guerrier 2 et à la fente haute et enfin à la montagne. C’est fondamental, mais compte tenu du chemin parcouru, je suis très fier de moi. Mon conseil : procurez-vous un tapis et des blocs. C’est un investissement minimal qui vous évitera d’abandonner en raison de douleurs aux genoux, aux mains et aux doigts. Cela réduira également le risque de glisser et de vous blesser. J’entends dire que la plupart des blessures surviennent lors de la transition entre les postures, et non lors des postures.

En conclusion, si vous n’êtes pas encore initié au yoga, vous devriez absolument en faire l’essai. Vous n’avez pas besoin de chercher très loin pour savoir comment commencer : il suffit de consulter votre matériel de yoga BOKS.

Jules-Pierre Malartre

Traducteur pour BOKS